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Barbara Mullally Pauly souhaite que sa petitefille hérite d’un monde « où il fera bon vivre ».
Profil : John Lutz D’après John Lutz, nous sommes tous à 30 secondes d’une peine d’emprisonnement. Un choix fait en quelques secondes peut nous faire échouer derrière les barreaux – ou non.
John travaille au Centre de rétablissement Shepody, au Pénitencier de Dorchester du Nouveau Brunswick, où il aide les délinquants qui ont des besoins particuliers à tirer le meilleur parti possible de leur réinsertion dans le monde extérieur.
« Je crois que je suis à la fois différent des délinquants et pareil à eux », déclare John, qui coiffe ses longs cheveux argentés en queue de cheval et porte un appareil de correction auditive dans chaque oreille. « Je ne me situe tout simplement pas aussi loin qu’eux sur le continuum du dysfonctionnement personnel ou des comportements nuisibles », dit il.
John, qui est titulaire d’une maîtrise en travail social et poursuit sa carrière depuis 40 ans à Service correctionnel Canada, admet que son emploi est difficile. « Je prends toutes les mesures voulues pour aider les délinquants à se réintégrer dans la société. C’est un travail ardu. Ce n’est pas facile et il y a beaucoup d’obstacles. »
La perception constitue l’un des plus grands obstacles, déclare John. « D’après mon expérience, il est crucial de considérer les délinquants tout d’abord comme des hommes et des femmes, et d’aller au delà de ce qu’ils ont fait pour comprendre qui ils sont et ce qu’ils veulent devenir. On ne peut pas les respecter sans faire cette distinction », dit il.
John favorise la justice réparatrice, qui vise à réconcilier les délinquants avec les gens et les collectivités auxquels ils ont fait du tort. Il met à profit toutes les occasions, les personnes et les moyens possibles pour s’assurer que les délinquants ont une chance égale de réussir dans la société.
Pour accomplir ceci, John a appris à établir des liens avec des gens en dehors de ce réseau, des personnes qui se consacrent à travailler auprès des contrevenants de la communauté et de la rue.
John travaille même lorsqu’il est en congé. Il rend visite à ses clients dans l’Unité de soins palliatifs à l’Hôpital de Moncton pendant la fin de semaine et communique avec les familles des détenus pour s’assurer qu’elles ont accès aux services dont elles ont besoin.
« C’est quelqu’un de très attentionné, qui a beaucoup d’expérience, d’expertise et de connaissances, et qui est très respecté de ses pairs ainsi que des délinquants », déclare Luc Doucet, directeur exécutif du Centre de rétablissement Shepody.
Cependant, John n’est pas mou. « Il est très honnête, affirme Luc, et il appelle les choses par leur nom. C’est un réaliste qui cherche à voir le côté humain de chacun et à ne jamais abandonner la partie ni juger les autres. »
John n’est pas un lâcheur non plus. À l’âge de 69 ans, il ne planifie pas de prendre sa retraite, ce qui convient parfaitement à Luc, qui déclare, « Il a la volonté et le dynamisme d’une personne qui aurait la moitié de son âge. Il vit le travail social tous les jours.»
