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Venitia Joseph aimerait qu’on se souvienne d’elle comme une scientifique qui se dévouait entièrement à sa cause.
Profil : Paul Joe La prochaine fois qu’on annoncera du temps violent à la radio, pensez à Paul Joe. Depuis plus de 20 ans, il travaille pour que nous ayons accès aux informations les plus précises possibles sur le moment, le lieu et l’intensité du temps violent annoncé.
Paul travaille à la Section de la recherche sur la physique des nuages et les phénomènes météorologiques violents d’Environnement Canada. Reconnu comme l’un des plus grands spécialistes en météorologie radar sur la scène internationale, Paul a reçu le Prix d’excellence de la fonction publique 2008 pour son leadership dans ce domaine.
L’intérêt de Paul pour les prévisions météorologiques s’est manifesté après l’obtention de son diplôme en ingénierie à la fin des années 1970. Il a ensuite entrepris une maîtrise et un doctorat en physique des nuages. En 1982, grâce à une bourse de recherche, il est entré au service d’Environnement Canada, où il a commencé à travailler à temps plein en 1987.
À titre d’expert scientifique en chef du Programme national de radars lancé en 1997, Paul a dirigé la mise en œuvre du premier réseau national de radars Doppler au Canada, reliant 30 radars météorologiques situés dans des secteurs à forte densité de population partout au Canada. Le réseau Doppler permet d’obtenir des prévisions à court terme plus précises sur le moment, le lieu et l’intensité des systèmes météorologiques. Paul a également mis au point le logiciel de traitement radar unifié qui soutient le réseau.
Le système Doppler est devenu le principal outil d’observation à court terme au Canada pour la prévision de tornades, d’orages, de bourrasques de neige, de vents violents et d’autres conditions particulièrement mauvaises. Paul a formé des météorologues d’ici et d’ailleurs sur l’utilisation du système.
Paul a également travaillé sur la scène internationale. En 2000, il a organisé le premier projet international de démonstration des prévisions, dans le cadre des Jeux Olympiques de Sydney, en Australie. Dans le cadre du Programme mondial de recherche en météorologie de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), ce projet a rassemblé des experts scientifiques renommés et leur a donné l’occasion de faire connaître leurs programmes de prévisions.

Paul a présenté le système de radar Doppler mis au point au Canada. De l’avis de Richard Carbone, ancien responsable du Programme de recherche, « ce système est un outil opérationnel très fiable et précis, plus que n’importe quel autre système en démonstration à Sydney. »
Un autre projet de démonstration est prévu lors des Jeux Olympiques de Beijing l’été prochain. Paul aide les responsables à Beijing dans l’organisation de ce projet. « L’avantage de collaborer, dit-il, c’est que nous économisons beaucoup sur le plan de la recherche, en temps et en argent. Nous n’avons pas à investir notre argent et notre temps pour mettre ces systèmes à l’épreuve. Partager ainsi l’expertise et les informations est très rentable. »
Paul élabore également un projet en prévision des Jeux Olympiques de Vancouver en 2010. Il s’agit du premier projet hivernal, qui fait appel à un effort multinational pour mettre au point des outils de prévisions météorologiques hivernales à très court terme.
En 2003, Paul a travaillé au Projet de poste de travail des prévisionnistes, appelé NinJo, qui combine l’utilisation du radar Doppler avec des technologies des satellites, des modèles et de la foudre. Le projet, dont l’élaboration scientifique initiale de la partie canadienne était dirigée par Paul, réunissait des scientifiques allemands, danois et suisses.
Paul a un autre projet dans sa mire : un système radar dans l’espace pour mesurer les précipitations de neige dans l’Arctique, faisant office d’indicateur des changements climatiques.
Entre-temps, Paul prévoit qu’à l’avenir les prévisions météorologiques seront perfectionnées. « Nous devons fournir davantage de prévisions météorologiques précises, dit-il, pour que les gens sachent exactement à quel moment et à quel endroit une violente tempête de pluie risque de se produire, et de quel type de perturbation il s’agit. » Paul estime que de telles prévisions seront possibles d’ici 10 à 20 ans. Mais grâce à lui, cela pourrait arriver plus tôt.
