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Sheldon Jordan apprend quelque chose tous les jours et c’est ce qui lui plaît le plus. Il est entouré d’agents qui luttent pour enrayer le crime environnemental et le crime contre les espèces menacées.
Profil : Karen FossKaren Foss a été séduite par l’Afghanistan. Elle perçoit que ce pays peut vraiment se transformer.
Malgré que l’Équipe provinciale de reconstruction de Kandahar (EPRK) sous l’égide du Canada soit l’une des vingt-cinq équipes déployées en Afghanistan, son emplacement lui confère un caractère unique. Ancien fief des talibans, Kandahar demeure l’une des régions les moins stables du pays, mais également l’une de celles qui ont le plus besoin d’aide et de soutien. Fidèle à son nom, l’EPRK – une équipe de 330 personnes réunissant des dirigeants militaires, des officiers de police, des agents de développement et des diplomates – fait des progrès considérables dans ses efforts visant à rebâtir les communautés afghanes, à assurer la formation des policiers et des dirigeants afghans et à aider le gouvernement démocratiquement élu à accroître sa capacité de gouverner à l’échelle régionale et locale.
Dans ce contexte, il n’y a pas à proprement parler de « journée normale » dans la vie de Karen Foss, directrice adjointe aux politiques de l’EPRK. N’importe quel jour, Karen peut être appelée à participer à une shura – ou conseil de village – en présence de dirigeants de la communauté afghane, à surveiller les postes de contrôle le long de la frontière qui sépare l’Afghanistan et le Pakistan, aux côtés de militaires et d’agents de la GRC, vêtue d’une tenue protectrice; à faire le suivi de projets d’aide financés par le Canada, en compagnie de ses collègues de l’ACDI; et ainsi de suite.
Karen Foss a commencé sa carrière au service extérieur il y a maintenant six ans, à titre d’agente chargée des politiques pour le bureau géographique de l’ Afghanistan et du Pakistan à Ottawa. Elle s’est rendue pour la première fois en Afghanistan dans le cadre d’une affectation temporaire, dans la foulée de la réouverture de l’ambassade du Canada à Kaboul en 2003. « L’Afghanistan me fascine; j’ai été séduite, car on sent vraiment que ce pays peut se transformer. Et j’ai constaté une volonté, un sentiment d’espoir et d’optimisme qui m’ont poussée à vouloir faire ma part. Je voulais absolument y retourner. »
Et elle y est effectivement retournée, mais pas avant d’être passée par l’Indonésie, où elle se trouvait au moment du tsunami en 2004. Karen Foss a été dépêchée à Aceh pour une semaine (munie d’un sac à dos et d’un cellulaire!), avec pour mission d’y installer un petit bureau. Cette semaine s’est prolongée à un an et demi, alors que le rôle de son bureau passait de l’assistance en situation d’urgence et la gestion de l’aide humanitaire à celui à plus long terme de reconstruction, de développement et de consolidation de la paix.
Bien que le rythme soit exténuant, Karen et toute l’EPRK sont des passionnés et ils sont motivés par un sentiment d’engagement profond. « Ici, nous sommes à l’avant-scène de la politique étrangère du Canada, à un moment où notre contribution a d’importantes ramifications », affirme Karen. « En ce moment de notre histoire canadienne, nous avons une très grande occasion d’accomplir un changement important, beaucoup plus que nous avons eu l’occasion de le faire ailleurs dans le monde. »
En six ans seulement, Karen Foss est devenue l’une des diplomates les plus chevronnées au Canada, grâce à sa compréhension de la dualité de la nature même du travail d’un diplomate dans une région comme celle de Kandahar, dans un pays comme l’Afghanistan : d’une part, le travail sur le terrain, auprès d’une population locale traumatisée, et, d’autre part, le travail effectué en collaboration avec les autorités afghanes, à tous les paliers gouvernementaux, pour s’acquitter des responsabilités du Canada envers ce pays.
Tout ce que l’EPRK entreprend relève nécessairement des Afghans eux-mêmes. Les projets de développement doivent recevoir l’aval des shuras, ces conseils de village où le Canada a un rôle de consultation et de soutien. Il en va de même pour les objectifs à atteindre quant aux politiques et à la gouvernance, qui doivent servir à aider les Afghans à déterminer leurs propres capacités. Ce modèle a fait ses preuves et les changements apportés sont là pour rester. L’aspect le plus encourageant du travail de Karen, c’est qu’elle est en mesure de constater le changement en temps réel : « La mission a réalisé des changements importants, et des progrès formidables se produisent chaque jour », conclut-elle.
